| DECLARATION DE LA PROFESSION PHARMACEUTIQUE : Les pharmaciens refusent de se faire complices du système Machiavélique de la MUGEF-CI |
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| Écrit par AfricaSante | |
| Vendredi, 20 Novembre 2009 17:19 | |
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Depuis plus d’un an, la Mutuelle Générale des Agents de l’Etat de Côte D’Ivoire (MUGEF-CI) initie, de façon unilatérale, des modifications dans son contrat de partenariat avec les pharmaciens privés de Côte d’Ivoire. Ces modifications qui violent la loi et mettent en péril la santé publique ont été maintes fois dénoncées par la profession pharmaceutique, sans jamais émouvoir les dirigeants de cette mutuelle. Il s’agit essentiellement de la réduction de ses prestations pharmaceutiques aux mutualistes et du projet d’une nouvelle convention avec les pharmaciens.
Pour rappel, les relations entre la MUGEF-CI et la profession pharmaceutique sont régies par une convention signée en 1999, après négociation entre le Syndicat National des Pharmaciens Privés de Côte d’Ivoire et la MUGEF-CI. Cette convention stipule entre autre que : - La convention ne peut être modifiée que par voie d’avenant - Le pharmacien peut servir les médicaments sans notion de quota sous réserve de la régulation technique des bons ; - Le paiement de la part prise en charge par la MUGEFCI-CI interviendra dans un délai de 45 jours fin de mois ; - La dénonciation ou la résiliation ne peut intervenir qu’après signification à l’autre partie. Malgré ces dispositions, la Mutuelle Générale des Fonctionnaires et Agents de l’Etat de Côte d’Ivoire, de façon unilatérale procède à des modifications de ladite convention. Ces modifications non seulement dégradent la relation contractuelle entre les deux parties mais surtout menace dangereusement la santé publique. Les modifications portées à la convention par la MUGEF-CI Les modifications portées à la convention sont si nombreuses que nous n’aborderons que quelques unes. - La réduction des prestations aux mutualistes Prétextant lutter contre une prétendue fraude, la MUGEF-CI a, en octobre 2008, exigé des pharmaciens la réduction de moitié de leurs prestations aux mutualistes. Jusque là les malades devraient parcourir des kilomètres pour se trouver une officine agréée, puis faire la queue pendant des heures. Car seule une partie infime des 700 pharmacies privées est conventionnée. Désormais ils doivent espérer que le pharmacien agréé n’ait pas atteint son quota journalier . En mettant en œuvre le système des quotas, la MUGEF-CI a misé sur la lassitude des mutualistes et l’urgence des soins. En effet, fatigués d’errer de pharmacies en pharmacies et pressés par la souffrance, les mutualistes, finissent par payer eux-mêmes l’ordonnance. Le système est simple mais machiavélique : la mutuelle fait des économies et le bénéficiaire qui aurait compté sur ses cotisations et n’aurait pas l’argent pour régler lui-même son ordonnance trépasse. Ristournes et autres paiements d’argent Dans son projet de convention, la Mutuelle Générale des Fonctionnaires et Agents de l’Etat de Côte d’Ivoire exige aux pharmaciens 100 000 FCFA pour le retrait de dossier de demande d’agrément et 5% de ristourne sur le montant de ses prestations s’il est agréé. La profession pharmaceutique a maintes fois attiré l’attention de la MUGEF-CI sur la menace que constituent pour la santé publique les pratiques de commissions, de ristournes et autres pots de vin qui ont cours. D’ailleurs le législateur est clair à ce niveau : « est réputé contraire à la morale professionnelle toute convention ou tout acte ayant pour objet de spéculer sur la santé ainsi que () le partage avec des tiers de la rémunération du pharmacien … Sont en particuliers interdits : 2° tous versements et acceptations de commissions entre les pharmaciens et toutes autres personnes ; 3°toute ristourne en argent ou en nature sur le prix d’un produit ou un service » - L’objectif de la substitution - La substitution permet au pharmacien de changer le médicament prescrit sur l’ordonnance par un générique quand le malade estime la spécialité trop chère pour sa poche. C’est une loi noble en ce sens qu’elle permet au malade qui n’a pas les moyens, de bien se soigner. Mais si le malade, lui, désire acheter la spécialité, le pharmacien ne peut pas lui imposer le générique simplement parce que la MUGEF-CI veut faire des économies. Or c’est ce qui va arriver avec cette obligation de substituer au moins 30% qu’impose la mutuelle. En fait c’est un détournement de la loi que la Mutuelle Générale des Fonctionnaires veut faire. Nous disons que si elle pense que la meilleure façon de faire des économies c’est de servir massivement des génériques à ses adhérents, il n’ya pas de problème. Mais dans ce cas, puisqu’elle a un guide thérapeutique et des médecins conseils, qu’elle demande en amont que toutes les ordonnances soient prescrites en génériques. La substitution n’est pas un acte qui est fait à la légère. Tout comme le médecin qui ne rédige pas son ordonnance avec une légèreté. Ce que les gens ignorent, c’est qu’à chaque fois que le pharmacien délivre un médicament, il engage sa responsabilité au même titre que le médecin. C’est pourquoi après avoir servi une ordonnance, il y appose son cachet et ses contacts. Ce geste signifie : j’assume. C’est donc une très grande responsabilité qu’il prend lorsqu’il fait de la substitution. Une responsabilité qui peut le conduire en prison. Alors on ne peut pas prendre une telle responsabilité rien que pour faire plaisir à une mutuelle. Les exigences de la profession pharmaceutique Les pharmaciens ne supportent plus de voir les malades se lever à quatre heures du matin, et faire la queue pendant des heures devant les officines pour se faire servir les bons de mutuelle. Ils ne supportent pas non plus d’avoir à renvoyer les malades avec leurs ordonnances à chaque fois que le quota imposé par la MUGEF-CI est atteint. Pour mettre fin à ce traitement dégradant que la mutuelle inflige à ses adhérents, la profession pharmaceutique exige : 1. La levée des quotas afin de permettre aux mutualistes de bénéficier pleinement des soins de santé ; 2. L’extension de l’agrément MUGEF-CI à toutes les pharmacies afin que tout assuré ait le droit de se faire délivrer les médicaments dans l’officine de son choix et sur toute l’étendue du territoire national. Car agréer toutes les pharmacies n’entraine pas une augmentation des coûts. Au contraire, cela évitera aux malades de parcourir de longues distances et de faire la queue pour se faire servir. Il est urgent que les dites exigences soient mises en œuvre parce que les mutualistes souffrent énormément devant nos officines. Dans une dérive langagière, qui malheureusement devient habitude, les dirigeants de la MUGEF-CI ont traité les pharmaciens de « coupeurs de route » et « d’enfants gâtés ». Ils disent ne pas comprendre l’obsession des pharmaciens. Notre attitude est pourtant simple à comprendre. Nous avons prêté serment de travailler conformément à une éthique qui privilégie la santé du malade. Nous ne pouvons donc pas accepter de nous faire complice d’un système qui porte atteinte aux droits de ce dernier. Pour le Syndicat National des Pharmaciens Privés de Côte d’Ivoire La Présidente
Dr Christine KOUAMELAN
Source : Frat Mat du Mercredi 11 Novembre 2009 Page6
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